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Construire la robustesse ensemble

Construire la robustesse ensemble

Cet article est le fruit de mes lectures et écoutes de l’été 2026 :

Il a été pensé et réalisé sans IA, il est imparfait ; cela vous laisse la liberté de l’améliorer : vos commentaires sont les bienvenus car je suis persuadée que c’est ensemble que nous pouvons tisser un monde plus durable !

Slide titre rapport GIEC0

Les émotions partenaires indispensables de la raison

Dans un environnement complexe, ce sont les émotions qui attribuent valeur, sens et priorités à l’action.

Si vous en doutez, je vous recommande d’aller voir le film en 2 parties « La bataille de Gaulle ».

Quels sont les leviers d’actions pour agir en faveur d’un monde plus durable ?

Ce sont des leviers qui génèrent des émotions positives : plaisir de coopérer, goût du défi, émerveillement, fierté, sens des responsabilités, satisfaction d’agir

Et pour plus d’efficacité le rapport du GIECO conseille une combinaison de leviers, faisant appel aux émotions, à l’efficacité perçue de l’action, à l’innovation sociale et à l’approche systémique :

  • Rendre faciles et désirables les nouveaux comportements : par des routines, ancrées dans le quotidien, qui répondent aux freins récurrents ; par de nouveaux récits, faisant appel aux émotions positives.
  • Renforcer l’efficacité perçue, en mobilisant un collectif, en simplifiant et en agissant localement avec des initiatives concrètes, renforçant fierté et identité locale (par exemple des espaces partagés). L’autodétermination est facilitée par l’autonomie, les compétences et le sentiment d’appartenance.
  • Adopter une approche écosystémique, en considérant les 3 domaines : environnement, justice sociale et inclusion culturelle.

Le principe d’une approche systémique, c’ est de regarder un ensemble ́d’ éléments  (par ex une forêt) non pas sous la forme d’éléments séparés (dans l’exemple :arbres, champignons, vers de terre, etc), mais sous l angle des interactions entre eux.

Finalement, il s’agit de prendre conscience de nos interdépendances et d’œuvrer pour le bien commun, un tout supérieur à la somme des parties, tel qu’il est défini dans la Doctrine sociale chrétienne « cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée ». C’est un choix de comportement.

« L’intelligence créative de l’être humain est un don qui peut soulager les souffrances et ouvrir de nouvelles possibilités, mais elle doit rester au service du bien commun, de la justice, de la protection des plus fragiles et de la création. En ce sens, le véritable choix ne se situe pas entre l’enthousiasme et la peur, mais entre deux façons de construire : un progrès au service de la personne et des peuples, ou un progrès qui les soumet à des logiques de pouvoir. » (Leon XIV Magnifica humanitas)

En pratique, que faire en entreprise ?

Choisir la Robustesse plutôt que la performance

Selon la définition donnée par Olivier Hamant dans son excellent cours « construire la robustesse », la performance est la combinaison de l’efficacité (atteinte de son objectif) et de l’efficience (avec le moins de moyens possible). Le monde de la performance a conduit notre société dans une grande accélération depuis 1950 dans une logique principalement guerrière.

Dans notre monde fluctuant, il nous faut changer de paradigme et choisir la voie du vivant : celle de la Robustesse, c’es-à-dire maintenir le système stable malgré les fluctuations (et à long terme : vivable). Si on relit bien Darwin, l’évolution c’est  la survie du plus adaptable et non du plus fort.

Cela implique des changements structurants :

  • Sortir de la loi de l’offre et de la demande, qui suppose des ressources gratuites et illimitées, pour passer  à la loi des besoins et des ressources.
  • Appliquer le principe de la circularité : en prenant en compte la richesse des interactions (ex symbiose) pour faire circuler les ressources. Cela peut aller jusqu’à du « Gaspillage » intégrée dans une stratégie circulaire (une énergie non utilisée sera donnée à d’autres…). Dans un système complexe, les interactions permettent de créer, comme dans l’exemple de la fourmilière. Cela nécessite de considérer l’intérêt collectif, sur le long terme
  • Privilégier les moyens à la fin. Dans le vivant, il n’y a pas d’objectif, on observe des éléments incohérents, de l’hétérogénéité, des processus aléatoires, des délais, de la redondance. Tout cela semble contraire à notre idée d’une organisation productive, et pourtant c’est ce qui permet au vivant de s’adapter dans un monde fluctuant.

Concrètement, privilégier les moyens dans une entreprise c’est se poser la question : « comment procéder opérationnellement et quelles en sont les conséquences tout au long du parcours ? »

Ce principe a été appliqué chez le fournisseur d’outillage Outilacier : Selon Pierre-Yves Lévy, l’enjeu n’est pas d’atteindre un objectif abstrait de profit, mais de structurer la relation commerciale autour du juste besoin des clients, de la coopération avec des fournisseurs locaux et de la préservation du collectif. 

A minima, s’il faut garder une évaluation de la « performance » d’une entreprise, il faudra y intégrer la Qualité de Vie au Travail, la satisfaction des besoins (physiques, psychologiques et relationnels), la préservation du collectif et de l’environnement.

  • Mettre du jeu dans les rouages. C’est nécessaire pour laisser place à l’expérimentation. Parfois, il faudra accepter d’investir dans des choses inutiles et laisser place au hasard. L’évolution se construit sur les points faibles et un équilibre entre de l’aléatoire et de la redondance.

Notons les bénéfices de la redondance : elle évite des situations de burn-out et elle génère de la confiance (par exemple quand plusieurs équipes donnent la même décision), une personne considérée comme « non performante » peut apporter du lien social indispensable à un bon fonctionnement collectif.

  • Formuler un problème de manière robuste, en prenant le temps de le questionner. Un bon test de robustesse est de le présenter à une personne éloignée du problème : elle nous obligera à reformuler la question jusqu’à ce qu’elle soit compréhensible
  • Opérer une révolution culturelle :

Prendre le  chemin de la robustesse, c’est appliquer les 3 principes clés du vivant : Circularité – Coopération – Adaptabilité (par la diversification)

C’est s’ouvrir à la diversité, en reconnaissant ses limites. Ainsi la méthode scientifique : observe-raisonnement-conclusion présente un défaut : boucle, risque de s’enfermer en oubliant la question. Il sera plus robuste de la combiner avec une Méthode artistique, basée sur : Observation-raisonnement-question

Dans « La gouvernance des biens communs », Elinor Ostrom, montre que certains communs ont résisté plusieurs siècles en appliquant 8 principes de robustesse : définir le cadre, adapter les règles, avoir une approche participative pour les règles, une entité redevable, des sanctions faibles (l’éducation est privilégiée),  un accès rapide et peu couteux à une instance décisionnelle, un lien avec une entité extérieure et une organisation modulaire (chaque groupe est autonome).

Ces principes sont transposables à une organisation

Par exemple Buurztorg (1), partant du constat que le modèle de performance basé sur le soin de plus de patients en un minimum de temps ne fonctionnait pas, s’est réorganisé en petites équipes de 12 personnes sans objectifs commerciaux. Le résultat est très bon : les patients, les infirmiers et l’Etat y gagnent!

(1) https://anap.fr/s/article/Les-clés-de-l-auto-organisation-des-équipes-soignantes-selon-Buurtzorg

Et de manière générale, en tant que citoyen

L’écocitoyenneté invite l’humain à être intégré dans un tout vivant qui le soutient, le dépasse, le nourrit et qu’il partage avec le reste du vivant.

Comment transformer la société ?

En 3 temps : 1- éducation, 2- s’arrêter, 3- un récit mobilisateur

En ce qui concerne l’éducation, nous devons développer l’école de la coopération. Il s’agit d’apprendre à apprendre : les profs poseraient les questions mais ne donneraient pas toutes les réponses, pour que les élèves les cherchent, puis expliquent des découvertes à leurs camarades. Nous avons besoin de coopérateurs.

La bonne nouvelle c’est que cette coopération et la richesse des interactions sont sources de joie!

Le Pape Leon XIV nous livre dans sa lettre encyclique un récit mobilisateur avec 5 pistes de responsabilité quotidienne et publique :

  • désarmer les mots, (attention aux préjugés, dire la vérité, conseil avisé, donner la parole)
  • construire la paix dans la justice, (justice pour chacun, paix pour tous)
  • adopter le regard des victimes, (reconnaître les blessures, ne pas rester neutres)
  • cultiver un sain réalisme, (voies praticables)
  • relancer le dialogue (rencontres authentiques, négociation) et le multilatéralisme.

Et 3 conseils finaux : Être fidèles à la vérité (sagesse, dignité de toute personne et avenir), investir dans l’éducation (choisir ce qui fait grandir la liberté intérieure), prendre soin des relations, aimer la justice et la paix.

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